Condition n°14

Ne pas rompre les liens qui unissent le disciple à l’ensemble de la création.

السابع عشر ، إحترام كلّ من كان منتسبا إلى الشيخ رضي الله تعالى عنه وأرضاه وعنّا به

Commentaire

Après avoir compris, à travers les conditions précédentes, que la Tarîqah Tijâniyya établit comme principe fondamental la fréquentation régulière des disciples jusqu’à la mort, cette quatorzième condition vient préciser ce que cela implique concrètement : l’endurance, la patience et le maintien indéfectible des liens de fraternité.

Se rassembler physiquement et s’unir spirituellement pour Allâh constitue un axe central de l’Islam, et par conséquent du cheminement vers Allâh. Le lien entre les croyants n’est pas accessoire : il est constitutif de la voie.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Tu verras les croyants, dans leur miséricorde, leur affection et leur attachement réciproque, semblables à un seul corps : lorsque l’un de ses membres souffre, tout le corps partage sa fièvre et son insomnie. »

📖 Hadith authentique rapporté par al-Bukhârî et Muslim pasted

Comprendre son statut d’organe au sein de ce corps et chercher à se relier aux autres organes pour former l’ensemble, c’est cela que l’on appelle la Communauté de l’Islam. Il n’existe ni force spirituelle ni cheminement vers Allâh en dehors de ce lien vivant qui unit le musulman à son frère et la musulmane à sa sœur.

Les bienfaits, les faveurs et les grâces qui découlent de cette union, fondée sur l’amour du Prophète ﷺ, constituent le cœur même du cheminement de l’aspirant.

D’après Abû d-Dardâ’ رضي الله تعالى عنه, le Prophète ﷺ a dit :

« Allâh fera ressusciter, le Jour de la Résurrection, des gens dont les visages seront illuminés. Ils seront sur des chaires de lumière. Les gens les envieront alors qu’ils ne seront ni prophètes ni martyrs. »

On lui demanda : « Décris-les-nous afin que nous les reconnaissions. »

Il répondit : « Ce sont ceux qui s’aiment pour Allâh, issus de tribus et de contrées différentes, qui se réunissent pour se rappeler d’Allâh. »

Conscient de la force spirituelle que représente cette union, Iblîs qu’Allâh le maudisse a juré de s’asseoir sur le Droit Chemin pour tenter de briser ces liens. C’est pourquoi les dissensions, incompréhensions et conflits peuvent apparaître même parmi les croyants les plus engagés sur la voie.

Ces tentatives de division ont existé dès l’époque du Prophète ﷺ, y compris parmi les compagnons. Il rapporta lui-même qu’une querelle entre deux d’entre eux fut la cause du retrait de l’annonce précise de Laylat al-Qadr.

Afin de préserver l’unité et de faire échec aux plans de Chaytân, le Prophète ﷺ a établi une règle claire concernant la rupture des liens :

« Il n’est pas permis de rompre les liens au-delà de trois jours. Si cela dépasse trois jours, ils ne se réuniront jamais au Paradis. Celui qui revient vers son frère voit ses péchés pardonnés. S’il lui adresse le salâm et que l’autre refuse de répondre, un ange répond à l’un et Chaytân répond à l’autre. »

Ce hadîth met en évidence que le premier à revenir vers l’autre, même s’il était fautif, manifeste une victoire sur son ego et sur Chaytân, et mérite par cela la satisfaction d’Allâh.

Ainsi, le disciple engagé sur le Droit Chemin doit s’armer de patience, d’endurance et de détermination, supporter les défauts des autres croyants avec compassion, tout comme il s’efforce de réformer les siens.


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