Condition n°16
Condition n°16 Ne pas transmettre la Tarîqah sans en avoir reçu l’autorisation
As salâmou `alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtou.
Il est essentiel de distinguer entre l’autorisation de pratiquer la Tarîqah et l’autorisation de la transmettre. La pratique des oraisons repose sur une permission reçue, mais cette permission n’implique nullement le droit d’initier autrui. La transmission constitue une responsabilité spirituelle distincte, qui ne peut être assumée qu’à la suite d’une autorisation explicite.
Cette règle repose sur un principe fondamental de l’Islam : la transmission de la science et de la guidance ne se fait que par chaîne authentique. Allâh تعالى dit :
« Ô vous qui avez cru, obéissez à Allâh, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité. »
(Sourate an-Nisâ’, v.59)
La Tarîqah s’inscrit pleinement dans cet ordre : elle est transmise selon une hiérarchie claire, fondée sur l’autorisation, l’adab et la responsabilité. Celui qui transmet sans autorisation se place en dehors de cet ordre, et assume alors seul les conséquences de ce qu’il transmet.
Le disciple doit donc se prémunir strictement de transmettre la Tarîqah sans y avoir été autorisé. En agissant ainsi, il se rendrait lui-même garant des autorisations qu’il accorde, sans en avoir ni la charge ni la capacité. À l’inverse, l’initiateur autorisé transmet sous la garantie de Chaykh Ahmad At-Tijânî رضي الله تعالى عنه, qui demeure le garant spirituel de la transmission dans la voie.
C’est pour cette raison que les maîtres de la Tarîqah ont comparé la transmission autorisée à un pont solide, reliant l’adhérent au Prophète صلى الله عليه وسلم : ses fondations sont fermes, éprouvées et sûres. Celui qui le traverse avance avec confiance. En revanche, celui qui transmet sans autorisation est comparable à un pont fragile, incapable de porter la charge spirituelle d’autrui. Il s’effondre au premier pas, entraînant dans sa chute celui qui l’a emprunté.
Cette condition vise donc à préserver la voie, à protéger les aspirants, et à maintenir l’intégrité de la transmission. Elle ne relève ni de la restriction ni de l’exclusion, mais d’une miséricorde, afin que chacun chemine sur un chemin sûr, balisé et conforme à l’ordre voulu par Allâh et Son Messager صلى الله عليه وسلم.
Puisse Allâh nous préserver de l’usurpation, nous accorder la lucidité, et nous établir dans la rectitude.
