La prosternation de l’oubli en prière (sujûd as-sahw) selon le fiqh malikite.

As salâmou ‘alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouh.

La prière est un acte d’adoration qui demande concentration et présence du cœur. Toutefois, l’oubli fait partie de la nature humaine. Par miséricorde, l’Islam a institué la prosternation de l’oubli (sujûd as-sahw) afin de réparer certaines erreurs involontaires survenues durant la prière.

L’imam Ibn Abî Zayd al-Qayrawâniyy رحمه الله a exposé avec précision les règles relatives à cette prosternation, en distinguant les cas d’ajout, de diminution, ainsi que leur moment d’accomplissement.


1 La prosternation de l’oubli en cas d’ajout.

Lorsqu’une personne ajoute par oubli un acte dans la prière, qu’il s’agisse de l’imâm ou de celui qui prie seul :

  • elle accomplit deux prosternations après le salut final ;
  • elle effectue ensuite le tachahhoud ;
  • puis elle salue.

Cette prosternation est appelée prosternation postérieure (as-sujûd al-ba‘diyy), car elle a lieu après le salut final.
Elle nécessite une intention formulée au moment du takbîr de la première prosternation, deux prosternations séparées par une assise, un tachahhoud, puis un salut final.


2 La prosternation de l’oubli en cas de diminution.

Lorsqu’une diminution par oubli survient dans la prière :

  • la prosternation de l’oubli se fait avant le salut final,
  • après le tachahhoud,
  • puis on salue.

Cette prosternation est appelée prosternation antérieure (as-sujûd al-qabliyy).

Elle est recommandée :

  • pour l’oubli d’une ou deux sounnah importantes,
  • ou de deux sounnah légères.

Elle devient obligatoire en cas d’oubli de trois sounnah.

⚠️ Se prosterner volontairement ou par ignorance pour l’oubli d’une seule sounnah légère annule la prière, sauf si un ajout nécessitant une prosternation postérieure a également été commis.


3 Cas où il y a à la fois ajout et diminution.

Si une personne a à la fois diminué et ajouté par oubli dans la même prière, alors :

la prosternation de l’oubli se fait avant le salut final.


4 Règles spécifiques aux prières surérogatoires.

Les règles de l’ajout et de la diminution s’appliquent aussi bien aux prières obligatoires qu’aux prières surérogatoires.

Cependant, dans la prière surérogatoire, cinq cas ne nécessitent pas de prise en compte de l’oubli :

  1. abandon de la récitation à voix haute,
  2. abandon de la récitation à voix basse à son endroit,
  3. omission de la sourate après la Fâtihah,
  4. ajout d’une troisième rak‘ah par oubli (on en ajoute une quatrième),
  5. omission d’un pilier par oubli, si un long temps s’est écoulé.

5 Oubli de la prosternation de l’oubli elle-même.

▪ Prosternation postérieure oubliée

Si la prosternation devait être faite après le salut final et qu’elle a été oubliée :

  • elle peut être accomplie dès que l’on s’en rappelle,
  • même longtemps après,
  • y compris à des moments où les prières surérogatoires sont interdites.

Dans le cas d’une prière du vendredi, elle devra être faite dans une mosquée.


▪ Prosternation antérieure oubliée

Si la prosternation devait être faite avant le salut final :

  • elle peut être accomplie si l’on s’en rappelle peu de temps après, selon l’usage,
  • tant que l’on n’a pas quitté la mosquée.

Si un temps long s’est écoulé, la prière devra être recommencée, sauf si la diminution était légère.


6 Ce que la prosternation de l’oubli ne compense pas.

La prosternation de l’oubli ne compense pas :

  • l’oubli d’une rak‘ah,
  • l’oubli d’une prosternation ou d’une inclinaison,
  • l’oubli de la Fâtihah :
    • dans toute la prière,
    • dans deux rak‘ah,
    • ou dans une rak‘ah de la prière du Soubh.

Dans ces cas, tant que la rak‘ah suivante n’est pas consolidée, l’erreur peut être réparée. Sinon, la rak‘ah devient nulle et doit être répétée.


Ce qu’il faut retenir

La prosternation de l’oubli est une miséricorde divine, destinée à corriger certaines erreurs involontaires, mais elle ne remplace jamais les piliers fondamentaux de la prière.

Elle enseigne la justesse, la mesure, et l’équilibre entre rigueur et miséricorde dans l’adoration.

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